Conseil municipal d’installation, démocratie limitée

Conseil municipal d’installation, démocratie limitée

Disposition de la salle du conseil à l’heure des gestes barrières.

Nous avons assisté au premier conseil municipal d’installation, lundi 26 mai, dont l’unique but était l’élection du maire et des adjoints. Le conseil municipal étant d’abord une instance de débat politique, nous avons demandé à pouvoir nous exprimer en fin de séance. Nous avons souhaité prendre la parole à plusieurs voix, afin de montrer notre volonté d’être sept élu.e.s à parts égales, qui ne se rangent pas derrière un chef ou un porte-parole. Au vu des mesures sanitaires en place, nous avons finalement décidé d’être le plus concis possible et de privilégier une seule intervention.

Après l’élection du maire et de ses adjoint.e.s, Rémi Muzeau nous a lu la charte des élus, charte très limitée dans ses intentions. Clichy en Commun ayant signé des engagements de plusieurs associations comme Anticor ou Transparency concernant entre autres la transparence de l’action publique ou la lutte contre la corruption, nous avons conseillé au maire de faire de même.

Alain Fournier est donc intervenu tout d’abord sur notre conception de la démocratie. La qualité de l’opposition est en effet dépendante de l’attitude de la majorité : si cette dernière ne fait que le minimum, octroyer la parole au conseil municipal sans débattre, sans même répondre comme on l’a vu lors du précédent mandat, alors la seule place laissée à l’opposition est la contestation.

Dans un second temps, Alain Fournier a évoqué la pandémie qui nous a durement frappé.e.s : elle nous impose de ne pas recommencer comme avant, d’envisager d’autres formes de développement qui soient écologiques et solidaires, et mises en place de manière citoyenne. Cela implique à la fois d’engager une autre vision du monde, au niveau planétaire, mais aussi, au niveau local, de concevoir une ville en rupture avec le modèle précédent. Il s’agit de rompre avec une politique de la ville dense, qui bétonne complètement l’espace communal, pour développer une politique sociale, généreuse et solidaire. C’est dans cette optique que Clichy en Commun était dès le lendemain à Beaujon, pour soutenir le personnel de l’hôpital qui se bat pour maintenir cet établissement et pour défendre le service public.

Malheureusement, notre prudence face à une contagion potentielle a privé Alice Noret d’intervenir sur l’accompagnement des plus fragilisé.e.s à l’heure du confinement, Charlotte Niewiadomski sur l’installation des pistes pour vélos et sur leur caractère transitoire et Aïssa Terchi sur les problèmes soulevés par la réouverture des écoles.

A noter que juste après le conseil, nous avons appris que le square Rose-Guérin allait être détruit pour qu’y soit réalisé un énième projet immobilier. Le lendemain, c’était l’annonce de l’expulsion imminente du Kamu sans concertation ni proposition de relogement. Et demain ? Le permis de construire du parking des allées Gambetta ?

Nous avons ainsi la preuve que les promesses de Clichy-Oxygène « naturellement » n’auront duré que le temps d’un mensonge de campagne et d’une intervention faussement aimable lors de ce conseil ; maintenant que le maire et son équipe sont réélus, le bétonnage peut reprendre tranquillement. 

Les élu.e.s de Clichy en Commun restent mobilisés et fidèles à leurs engagements de campagne : aux côtés de celles et ceux qui veulent changer la ville, qui veulent se battre pour que Clichy redevienne solidaire, écologiste et citoyenne. Dans la transparence et avec vous toutes et tous.

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